Marsh Lake – Notre second HelpX

Après un court weekend sur Whitehorse. Juste le temps de savourer les dernières bières en terrasse de l’année et se délester de quelques deniers en articles de grand froid (bottes allant à -40°C, chaufferettes, etc.). Nous partons pour notre second HelpX. Direction Marsh Lake, plus au Sud de Whitehorse.

Beat et Eva sont nos nouveaux hôtes. Arrivés il y a maintenant 12 ans, ce couple de la région de Berne s’est construit un vrai petit paradis. Entre inspiration Suisse et nécessités canadiennes. Tout a été bâti de leurs mains. La maison, les cabanes autours, la yourte, le sauna, le jacuzzi (hot tube) directement créé dans une cuve à cuire la pâte à fromage.

Eva est infirmière en soins intensifs à l’hôpital de Whitehorse, tandis que Beat travaille à son compte en tant que dessinateur industriel. Il est spécialisé dans les structures métalliques, ce qui lui a été d’une grande aide lorsqu’il a conçu les plans de la maison. En parallèle de ces 2 activités, le couple tient donc une ferme, peuplée de chèvres, poules, cochons et lapins, ainsi que de yaks, pour aller avec la yourte tout droit importée de Mongolie.

La yourte ? C’est notre maison pour le mois d’octobre. Notre camp de base pour affronter les nuits à -10°C. Couleurs chatoyantes et intérieur en bois, ici tous les bruits sont étouffés par la couche de feutre qui nous maintient au chaud. On y entre pied droit et on prend bien soin de ne pas heurter l’encadrure de la porte. Les hommes à gauche, les femmes à droite. Pas de sens de circulation clairement défini, car le lit occupe la place du fond.

Au milieu de cet espace, un poêle en fonte vient accueillir notre feu de bois. Et juste au-dessus, une petite ouverture arrondie nous permet de dormir à la belle étoile et de contempler les aurores boréales. Eva est passionnée de culture mongole, et surtout par un aspect : le feutre. Très à l’aise avec des aiguilles à tricoter, elle s’est formée à la création et à l’utilisation du feutre. Et comme ici rien ne se perd, les yaks fournissent la laine nécessaire à ses créations.

Une parenthèse dans le temps s’ouvre lorsque l’on pénètre ici. Vous entrez dans la cuisine, une théière vous attend, qu’importe l’heure. Impossible de compter les boites de plantes séchées que nous utilisons pour nos boissons. Ici pas de bouilloire électrique. On fait chauffer son eau sur le feu, lentement. Et l’on profite de ce temps pour concocter la boisson parfaite, tout en étant à 100% dans ce que l’on fait.

C’est un peu la culture du lâcher prise. On ne pense à rien. On est juste complètement à ce que l’on fait. Alors, quand on boit le thé, on est vraiment reposé. Une belle parenthèse dans les journées.

Les journées ? On les occupe à nourrir les animaux, rentrer le bois pour le long hiver qui vient, couper des bûches pour le prochain. On s’emploie à préparer toute la viande pour les mois à venir, couper le cochon, morceau par morceau, préparer des kilos de bacon, des saucisses.

Il faut également penser à vérifier toutes les clôtures bornant les 50 hectares de la propriété. La nature est sauvage autour, au mois de juillet un ours noir est venu dévorer une chèvre directement dans la bergerie. Et des traces d’ours, nous en avons vu des fraiches dans la neige récemment tombée. Les travaux extérieurs se font avec Beat. Avec lui, “No rush”. On a tendance à se moquer de la lenteur des Suisses, mais au quotidien on comprend pourquoi. Tout est vraiment pensé à l’avance et chaque détail compte. Il ne faut pas que ce soit juste bien. Il faut que ce soit parfait.

Voilà comment on peut passer une matinée à usiner une pièce pour réduire les frottements du bras du tracteur. Mais ce temps que l’on pourrait considérer comme perdu est vraiment formateur. Rien ne sert de courir. On nous l’a pourtant bien dit. Les moments libres, nous les employons à de longues ballades et trails dans les chemins autour de la propriété.

Ah oui, Beat a un rêve. Il veut finir de tailler son chemin allant de chez lui jusqu’à la montagne là-bas. Environ 20 km de forêt pour 1600 m de dénivelé. Tout taillé à la tronçonneuse au fil des années. C’est l’un des projets sur lequel nous travaillons. Il y en a tellement ici.

Il est temps pour nous de retourner dans la yourte au coin du feu. Un bon livre et un tasse de thé chaud à la main. L’hiver arrive peu à peu sur nous. La neige a déjà fait sa place dans le paysage. Les prochains articles risquent d’être bien plus frais.

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