27th Trail – Sur les traces de Bison Futé

Ici au Yukon (au fait, je ne sais pas si on vous l’a déjà dit, mais en français on doit prononcer “on” comme le “on” de “maison”, pas à l’anglaise), la chasse au bison est quelque chose de vraiment sérieux. Les petits Yukonnais ont même les 2 premières semaines de Septembre libres, car les parents les retirent de l’école pour aller à la chasse sur plusieurs jours. Vous l’aurez compris, attraper son bison avant l’arrivée de l’hiver, c’est un peu comme chez nous s’assurer de bien avoir son caquelon à fondue en prévision d’une saison chargée de neige.

La chasse au bison est d’ailleurs une activité scolaire. Pour les grades 6 à 8, les enfants des écoles de Whitehorse ont une classe verte pour apprendre à chasser et découper l’animal. Ce qui représente ici, un savoir élémentaire. Depuis que nous vivons à Mendenhall, tout le monde n’arrête pas de parler de son bison. Quand vous êtes Yukonnais, et titulaire d’un permis de chasse, vous avez le droit à votre précieux “Bison Tag”, qui vous permet de chasser votre propre animal. Un par personne pas plus. Mais 1 Bull vous donnera de la viande pour un couple pour environ 2 ans. Y a de quoi faire.

La saison commence au 1er Septembre et se finit le 31 mars.

Attention, si vous avez en tête l’image d’une gigantesque troupeau de ruminants dans une plaine herbeuse, vous êtes au mauvais endroit. Ici les bisons sont en duo ou trio et vous devez les débusquer dans les bois, là où la forêt est moins dense. Heureusement que Tom, guide de chasse pendant 22 ans, nous accompagne et nous transmet ses connaissances, nous n’aurions jamais pensé aller chasser cette bête comme l’on chasse un cerf ou un sanglier. Et pourtant.

Nous voilà donc partis sur les chemins du 27th Trail, là où les montagnes bordent la Takhini River. Les journées sont délicieuses, les températures du matin disparaissent au fil de la journée et les 10°C sont amplement suffisant pour nos organismes désormais habitués à cette fraicheur. Pickup pour commencer, quad dans la benne, nous filons sur l’Alaska Highway, plein Est. Un chemin, pour nous il est temps de parquer le truck et passer au quad (certains, dont Tom, appellent ça un ATV – à prononcer à l’anglaise cette fois). Nous filons à vive allure sur les sentiers à flanc de montagne.

D’un coté la roche, de l’autre une foret à perte de vue, le vert des sapins et le jaune des peupliers se disputent la vedette. Au loin on peut apercevoir par moment le fleuve, qui serpente entre tous ces arbres. Puis vient le moment de laisser le quad de coté et de filer à pieds. La traque commence.

Au final, traquer un bison c’est un peu comme jouer au jeu du “chaud – froid”. Sauf que personne ne vous dit si vous chauffez ou pas, ce sont les crottes de bison qui vous l’apprennent. Nous voilà donc parti dans un jeu de piste assez atypique, où le but est de trouver le plus de bouses et d’en analyser la texture et la fraicheur. En cas de fraicheur extrême, vous pourrez être amené à toucher le petit monticule afin d’en connaitre l’heure de fabrication.

Ici tout est sec, archi sec. Mais Tom connait bien le coin et il se faufile entre les arbres, suivant les chemins empruntés par les différents animaux (Bison – Elk – Moose – Deer). Je lui fais entièrement confiance et le laisse switcher d’une trace à une autre. Mieux vaut avoir le sens de l’orientation, car nous effectuons de larges cercles, toujours en prenant en compte le sens du vent pour nous approcher des différents points de pâture.

La foret (ici le bush) nous gâte aujourd’hui. L’automne est arrivé en moins d’une semaine, et le jaune des arbres illumine cette journée ensoleillée. Tant pis si nous ne trouvons rien de frais, le simple fait de marcher ici est déjà exceptionnel. Après plus de 5 heures de marche, le grâle. Une bouse de moins d’un jour. Nous ne devons pas être loin d’un animal. Tom inspecte les alentours, à la recherche d’autres indices. Mais rien. C’était une crotte de transit (apparemment il y a plusieurs sortes), laissée par un bison qui se déplaçait sur ce chemin, mais qui ne s’est pas arrêté pour brouter.

Il est temps de grignoter un petit truc avant de retourner au Quad. Cette fois nous allons inspecter d’autres spots à bisons, plus éloignés. Le quand à fond, Tom nous embarque sur ses sentiers. Il me dit tout sourire, celui-là, très peu de gens le connaissent. Tu m’étonnes ! On est en train de filer à 35/40 km/h entre les arbres sur ce qui a dû être un chemin il y a plus de 10 ans… Malheureusement pas de traces vraiment significatives. Nous abattons notre ultime carte sur cet immense prairie entre les arbres. Le quand fonce de bouses en bouses. Quand une fraîche est repérée on sent l’adrénaline monter, mais redescendre aussitôt quand la suivante est aussi sèche que Carcross Desert.

Nous zigzaguons, filons contre le vent. Le soleil rasant de fin de journée venant lécher nos visages. Malheureusement, ce soir nous reviendrons bredouilles.

4 Comments

  1. Ronnel Marie-AnnickReply21 September 2018 at 20 h 47 min 

    On dirait presque des photos truquées tellement les couleurs sont magnifiques!
    Donc, pas de chance! Vous n’avez pas de réserve de nourriture! Vous n’avez pas votre bison!
    Bonne continuation. Bisous à vous deux

    • FRNCH1NRCKSWPReply22 September 2018 at 0 h 18 min 

      Etttt coucou,
      comment vas-tu? Les couleurs sont vraiment très belles, en effet!! Tout est très contrasté! On a du mal à imaginer ce qu’on a devant les yeux parfois, tellement c’est beau. Pas de bison pour cette fois voui : à ce rythme je vais finir végétarienne. Dommage qu’on est pas fait les classes vertes de chasse 😉
      Gros bisous

      • Jean-Jacques RonnelReply29 September 2018 at 11 h 39 min 

        test pour vous joindre… et sous envoyer de gros bisous

  2. Jean-Jacques RonnelReply29 September 2018 at 11 h 36 min 

    Coucou, je viens seulement de découvrir

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